الناس

Sourate AN-NAS / الناس en arabe | Sourate 114

AN-NAS · 6 versets

Description de la sourate AN-NAS / LES HOMMES

An Nas, cent quatorzième sourate du Saint Coran est composée de 6 versets. Elle est l’une des deux « mou’awidates », ou sourates protectrices, et fut révélée pendant un contexte particulier. De tout temps, elle est l’une des sourates les plus lues et apprises, celles qui protègent les humains du mal du jaloux par essence (le diable).

Circonstances de la révélation de la sourate An Nas

Se référer au texte écrit pour sourate Al Falaq.

Quelques éléments de comparaison entre Al Falaq et An Nas

Dans le dernier verset de la sourate précédente, Al Falaq, le croyant recherche refuge contre la jalousie. Et quel est le plus grand jaloux de l’univers ? Sheytan. Dans la sourate An Nas, le refuge est donc cherché contre celui qui a le plus de jalousie : Al wassawass Al khannass, le diable, celui qui inspire au mal, celui qui murmure des incitations au mal, perpétuellement.

Dans Al Falaq, Allah nous demande de chercher refuge contre tout mal extérieur, tout ce qui peut nous toucher et dont on n’a pas de contrôle, alors qu’ici, dans sourate An Nas, on cherche refuge contre le mal qui a été inspiré en nous, comme les suggestions négatives qui viennent s’installer dans nos poitrines et dont nous gardons la responsabilité de nos actes.

Dans Al Falq, les causes du mal sont diverses et ici il n’y en a qu’un, le mauvais murmure qu’il soit des djins ou des hommes. Et la responsabilité est portée par les fauteurs de troubles dans l’une (Al Falaq) et par l’être humain qui aura succombé aux tentations susurrées dans l’autre (An Nas).

Enfin, on peut dire que dans la première, le mal causé affecte notre dounia, notre vie d’ici bas alors que dans la suivante le mal affecte notre futur, notre akhira (l’au-delà), car une personne qui succombe aux tentations de son âme ou des autres n’obtient pas l’agrément d’Allah.

Dans la sourate Al Falaq, nous implorons Allah une fois en début de chapitre alors qu’ici il nous est demandé d’utiliser trois de Ses Noms pour l’appeler, l’implorer d’où l’importance du sujet, l’enjeu de cette sourate : la protection de notre religion, de notre crainte et amour d’Allah, de notre destinée.

Le protecteur est unique mais les sources de maux sont divers.

Un vocabulaire parfait

Lorsque l’on entre dans ces sourates, on y entre en cherchant à se protéger. On entre aussi dans l’obéissance à Allah. C’est une véritable déclaration de notre humilité à Allah, une réponse à son appel à se protéger contre ce qu’Il a créé. On déclare ne pas savoir et se soumettre à ce qu’Allah sait et ce qu’Il nous ordonne de faire.

Une manière de tuer son ego.

« Rab » : ce Nom d’Allah implique l’honneur absolu du Roi de l’Univers, Le Maître sur toute chose. Cela implique plus que d’être le Maître vis-à-vis de Ses créatures et de tout ce qu’Il possède car la racine verbale en arabe « rab » admet qu’il est, en plus d’être Celui qui a autorité sur nous, notre éducateur, protecteur, Celui qui prend en charge les Siens aussi. Il se peut en effet qu’un maître possède des biens, et ne s’en occupe pas, qu’une personne ait autorité sur des personnes et ne prenne pas soin d’elles. Le Nom Rab pour notre Seigneur englobe, au contraire, l’assurance de tous Ses attributs.

En d’autres termes, le Nom Rab dans cette sourate, tout comme dans Al Fatiha qui débute en employant ce Nom également en premier, nous résume notre religion : elle comprend l’acceptation qu’Allah est notre Seigneur et que nous sommes Ses serviteurs. Réciter le Coran et ces sourates c’est déclarer son humilité à Allah. Une acceptation qui se prononce vite mais que l’on peut passer une vie à l’intégrer.

Un rappel d’Allah constant

On doit se tourner vers Lui car Il est selon les trois Noms qu’Il emploie dans cette sourate :

  • Notre Rab (notre éducateur, protecteur)
  • Notre Malik (notre Maître, Roi)
  • Notre Ilah (notre dieu, notre guide).

On finit la sourate Al Falaq en cherchant protection contre les jaloux et cette sourate nous apprend à chercher protection contre le plus grand jaloux et ses murmures. En effet, il mène au plus grand pêché qui est l’orgueil comme il y a mené Pharaon qui s’est attribué ces trois noms. Ces murmures poussent les humains au plus grand pêché qui est l’orgueil et nul besoin d’être un pharaon aujourd’hui pour être orgueilleux. Personne ne se déclare Dieu, comme il l’a fait, mais combien de personnes se déclarent maître d’eux-mêmes, laissant le diable gonfler leur ego, et clamant leur auto suffisance !

Voilà pourquoi il faut sans cesse mentionner Allah, remplir son cœur du rappel d’Allah. Pour éviter de laisser la place vide au diable au sein de notre cœur et éviter qu’il n’y pénètre pour y insuffler l’amour excessif de soi, l’orgueil et la vanité. Pour éviter d’oublier notre servitude à Allah et ne pas la remplacer par la croyance en notre seigneurie.

Allah nous a appelé selon les savants Insan (d’où An Nas) parce que nous oublions vite. De l’origine « yanssa ».

Le nom d’Allah « Ilah » regroupe deux choses : l’adoration et l’obéissance à Allah.

Il comporte les dimensions de « Rab » et « Malik » dans le Nom « Ilah ». Ainsi on n’obéit pas à nos tentations, nos plaisirs lorsque nous croyons en Allah et Lui obéissons. Nous adorons et obéissons à Allah seulement. Voilà pourquoi le Coran nous rappelle que lorsque les croyants se prosternèrent devant Moussa admettant croire et obéir au Dieu de Moussa, Pharaon leur répondit qu’il ne les y avait pas autorisés. La seigneurie implique donc l’adoration (prosternation) et l’obéissance (à l’autorité).

La prière, par exemple, est un acte d’adoration, mais, on peut l’appliquer d’une autre manière ou à un autre moment. L’appliquer à l‘heure ordonnée par Allah est un acte d’obéissance. On s’efforce de se soumettre aux ordres divins dans tout.

L’honneur fait aux Hommes

En mettant An Nas (les Hommes) juxtaposé aux Noms d’Allah (Rab, Malik, Ilah), Le Très-Haut fait un honneur aux humains : comme une promesse de les protéger, de prendre soi spécifiquement d’eux.

Explications de quelques mots pour comprendre la demande de protection contre le diable

Al wasswass al khannas représente les tentations du diable par ses murmures répétitifs. Le diable ne fait pas que murmurer, il le fait constamment comme l’emploi des mots wasswass et khanas nous l’indiquent. Le diable ne fait pas que pénétrer la poitrine des hommes quand ils sont distraits, il revient à la charge, il ne s’arrête pas. D’où l’emploi du verbe khanasa. Il prend toutes les occasions pour nous faire faire ou faire dire des choses sous l’emprise de la colère ou autres sentiments négatifs induits par ses murmures. Voilà pourquoi on doit se protéger avec la demande de protection « je cherche refuge auprès d’Allah contre le diable maudit » et en lisant les dernières sourates du Coran, notamment après les prières.

Allah n’emploie pas directement le nom de Sheytan dans cette sourate alors que l’on sait qu’il cause la colère, la rage contre l’autre, l’animosité. Allah utilise les termes expliquant ce qu’il exerce sur nous, comme pour nous avertir explicitement de ce qu’il fait :

Allah n’a pas dit contre Al Mouwasswiss (celui qui murmure) car cela aurait impliqué un seul murmure. Mais Il utilise la forme verbale qui induit qu’iblis le fait répétitivement : al wasswass. Tout comme une personne qui fait un pain ne veut pas dire la même chose que le mot boulanger qui veut dire qu’il passe son temps à faire du pain, c’est son métier.

Enfin, Allah rajoute alif lam (AL) au début du mot wasswass pour déterminer qui c’est, nous préciser qu’Il parle bien du diable, contrairement à la sourate Al Falaq où Allah parlait de jaloux sans déterminant en début de mot (Hassidin et non pas El hassid) pour dire n’importe quel jaloux.

Et Allah de préciser encore un peu plus en disant « celui qui souffle le mal dans les poitrines des hommes ». Verset 5

Pourquoi utiliser le terme de « soudours », poitrines, et pas celui de cœur ?

Selon les savants c’est parce que le cœur, justement, se trouve dans les poitrines. Le diable insuffle le mal, l’anxiété, le trouble dans les poitrines, telles des châteaux qu’il tente de déstabiliser, parce qu’il désespère de pénétrer dans le cœur des hommes. Son but : y faire habiter l’orgueil et retirer le Tawhid, l’unicité d’Allah.

Le diable n’a de cesse de tout faire paraître beau et attirant en dehors de l’homme pour nous faire tomber dans l’amour des plaisirs et faire expulser du cœur l’amour de la foi. Il attend, tente d’y pénétrer et réitère à chaque fois que c’est possible jusqu’à enlaidir la foi à nos coeurs. Qu’Allah nous en préserve. « Min adjinati w anas »

Majoritairement les savants de l’exégèse affirment que les murmures peuvent provenir des Djins mais aussi des humains, même si d’autres s’accordent à dire que les djins sont les véhicules par lesquels ils atteignent le cœur des hommes.

Un récapitulatif pour conclure

Il y a un fort lien entre les sourates Al Fatiha et An Nas et un lien encore plus profond entre celles d’Al Falaq et An Nas.

Tout d’abord on peut souligner que le prophète d’Allah, paix et salut sur lui, avait pour habitude de toujours relier la lecture de la sourate An Nas avec tout de suite après la sourate Al Fatiha, comme pour nous dire que l’étude du Coran ne se finit jamais. C’est un éternel recommencement.

Les thèmes dans ces sourates sont :
Dans Al Fatiha, Allah nous demande de chercher de l’aide auprès de Lui pour accomplir des choses. « C’est auprès de Toi que je demande de l’aide », et, dans sourate An Nas Il nous demande de chercher protection contre les murmures de ceux qui nous poussent à faire certaines choses.

Dans les deux sourates Allah emploie trois de Ses Noms, les mêmes dans les deux sourates :
Rabi Nas, Maliki Nas, Ilahi Nas dans sourate An Nas.
Rabil Alamin, Maliki yaoumi din, et on reconnaît L’adorer et Lui demander de l’aide, ce qui signifie que l’on s’adresse à notre Ilah, Dieu. La réciprocité continue entre ces deux sourates lorsque l’on voit que dans sourate An Nas on débute en demandant de l’aide (une protection) et dans la sourate Al Fatiha on finit en demandant de l’aide.

Dans la sourate Al Fatiha il y a deux parties : une qui parle de notre reconnaissance à L’adorer et l’autre qui demande de l’aide. Dans sourate An Nas, il y a plus précisément deux parties : une composée de 3 versets qui comporte les Noms de Celui à qui l’on demande la protection et dans la seconde partie composée également de 3 versets il y a le mal dont on cherche à se protéger.

Cette sourate parle de la recherche de protection contre le plus grand jaloux qui est le diable pour nous prévenir que la mécréance commence par un murmure. Cela nous renvoie à l’histoire de notre père Adam, que la paix soit sur lui, et le diable, et, au discours du diable avec notre Seigneur.

La raison de ces murmures remonte à cette demande faite par le diable à Allah de lui donner un délai jusqu’à la fin des Temps, premièrement, pour s’assoir sur notre chemin droit (Al Fatiha représente ce chemin droit que nous recherchons en prière), et, deuxièmement, le diable Lui jure qu’Il ne trouvera que peu d’entre les humains reconnaissants. Voilà pourquoi le diable veut nous voir désespérer de la Miséricorde d’Allah.

Enfin, le Coran nous révèle qu’il a murmuré à nos parents Adam et Houa (Eve), paix sur eux, l’incitation à pêcher dans le but de leur dévoiler leur nudité. Le but de sheytan, est donc aussi de nous dévoiler, nous dévêtir, nous débaucher par tous les moyens les plus attrayants.

Pour finir, le Coran, avec sourate Al Fatiha, commence par une magnifique invocation et finit, avec sourate An Nas, par une magnifique et puissante invocation.

Sources Nouman Ali Khan

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بسم الله الرحمن الرحيم

1 قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ ٱلنَّاسِ

2 مَلِكِ ٱلنَّاسِ

3 إِلَٰهِ ٱلنَّاسِ

4 مِن شَرِّ ٱلْوَسْوَاسِ ٱلْخَنَّاسِ

5 ٱلَّذِى يُوَسْوِسُ فِى صُدُورِ ٱلنَّاسِ

6 مِنَ ٱلْجِنَّةِ وَٱلنَّاسِ